La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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« LE MARATHON AUTOFICTIF #17 » D’ÉRIC CHEVILLARD

« LE MARATHON AUTOFICTIF #17 » D’ÉRIC CHEVILLARD

Le comédien Christophe Brault s’adonne régulièrement à la lecture de textes d’Éric Chevillard à la Maison de la Poésie. Comme s’il était la voix haute de l’auteur silencieux – et plutôt discret – il en fait entendre à merveille toutes les tonalités : sa drôlerie, ses facéties, ses pirouettes verbales, son ironie cruelle, sa tendre cruauté, sa noire lucidité, sa bile multicolore. Toutes ces facettes se retrouvent dans L’Autofictif, blog littéraire qu’Éric Chevillard alimente quotidiennement depuis plus de dix ans, à raison de trois publications par jour, réunies en un livre par an. Christophe Brault s’en empare tel un marathonien, à voir si l’auteur suivra le rythme !

À lire – aux éditions L’Arbre Vengeur : Éric Chevillard, L’Autofictif et les trois mousquetaires, 2019 – (Dix ans d’Autofictif) : L’Autofictif ultraconfidentiel, 2018.

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Novarina

VALÈRE NOVARINA : « LES TOURBILLONS DE L’ÉCRITURE »
« L’esprit respire », lecture musicale

Comment s’orchestrent les tourbillons baroques de signes et de formes qui apparaissent, reviennent et disparaissent dans les travaux de Valère Novarina, écrivain, metteur en scène et peintre ? Cette question est centrale dans sa poétique : à Cerisy, en juillet 2018, un aréopage international s’est réuni pour suivre les développements imprévus d’une œuvre aérienne, ventilée, dans ses circonvolutions théologiques, philosophiques, dramaturgiques et poétiques. Le volume issu du Colloque de Cerisy est paru en même temps qu’une nouvelle volute de la spirale novarinienne : Le Jeu des Ombres.

Cette soirée inédite sera l’occasion, non seulement de faire tournoyer le Novarimonde au cours d’une table ronde qui n’a jamais porté aussi bien son nom (tourbillons de l’œuvre, de ses traductions, de ses archives, etc.), mais encore, pour l’auteur du Jeu des Ombres, de faire respirer l’esprit non dans un lieu abstrait (du cerveau ou de l’entendement) mais dans toute sa matérialité et sa musicalité : sur la page, dans l’espace, dans notre corps.

Avec Valère Novarina & Anssi Karttunen

Lecture de fragments du Jeu des ombres et de Lumières du corps par Valère Novarina. Réponses et développements du violoncelliste Anssi Karttunen (Finlande), soliste de renommée internationale dont le très large répertoire est à la fois baroque, classique et moderne.

À lire, voir et écouter – Marion Chénetier-Alev, Sandrine Le Pors et Fabrice Thumerel dir., Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture, Hermann, 2020.

Valère Novarina, Le Jeu des ombres, P.O.L, 2020 ; spectacle mis en scène par Jean Bellorini, créé à Avignon le 23 octobre 2020 (reprise de la tournée dès ce printemps 2021).

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VÉNUS KHOURY-GHATA – ÉLOIGNEZ-VOUS DE MA FENÊTRE & CAROLINE BOIDÉ – UNE FEMME EN CRUE

VÉNUS KHOURY-GHATA – ÉLOIGNEZ-VOUS DE MA FENÊTRE
& CAROLINE BOIDÉ – UNE FEMME EN CRUE

Lecture par les auteures
Rencontre animée par Kerenn Elkaïm

C’est l’ardeur poétique qui relie Vénus Khoury-Ghata et Caroline Boidé. Ensemble, elles ont cosigné un recueil de poèmes (Kaddish pour l’enfant à naître, éd. Bruno Doucey) et un livre d’entretiens (Ton chant est plus long que ton souffle, éd. L’Archipel) dans lequel on découvre la femme derrière la cinquantaine d’ouvrages publiés par la poète et romancière libanaise, et la relation singulière qui la lie à Caroline Boidé.

Lors de cette rencontre, elles partageront avec nous leurs derniers recueils de poèmes. Éloignez-vous de ma fenêtre de Vénus Khoury-Ghata transforme la mort en espace habitable, apprivoisé, dont la peur est enfin chassée. À travers un poème narratif et sensuel à trois voix, Une femme en crue de Caroline Boidé célèbre le désir : sa fièvre, ses vertiges, son éros, sa force vitale et son alliance secrète avec la liberté.

À lire – Vénus Khoury-Ghata, Éloignez-vous de ma fenêtre, éd. Mercure de France, 2021 – Ce qui reste des hommes, Actes Sud, 2021 – Caroline Boidé, Une femme en crue, éd. Bruno Doucey, 2021 – Vénus Khoury-Ghata, Ton chant est plus long que ton souffle. Entretiens avec Caroline Boidé, éd. l’Archipel, 2019.

Caroline Boidé ©Daniel Mordzinski

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L’ODYSSÉE D’HOMÈRE – NOUVELLE TRADUCTION D’EMMANUEL LASCOUX

L’ODYSSÉE D’HOMÈRE – NOUVELLE TRADUCTION D’EMMANUEL LASCOUX

Lecture par Pierre Baux
Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos

Emmanuel Lascoux propose une nouvelle « version » du texte grec d’Homère à partir de son travail original sur le grec ancien qu’il rythme, chante, et crie depuis plusieurs années. Il dit lui-même : « J’ai voulu monter le son ou entendre davantage. » Il revendique de « jouer les langues anciennes » comme l’on joue de la musique. « On fait du grec, soit, mais on ne fait pas le grec. Imagine-t-on faire de la musique sans la faire ? » écrit-il dans l’avant-propos à sa traduction. Mais quels détours imposer au français aujourd’hui, quels mensonges lui permettre, quand la musique du grec s’est tue ? Emmanuel Lascoux propose ainsi cette « version française » très originale des 12109 hexamètres de l’Odyssée. Plutôt qu’imiter le vers grec antique inimitable, ou dévider une prose inchantable, cette Odyssée propose à tous, un texte à dire et à chanter. Renouant finalement avec les pratiques antiques du texte épique et du poème, dans un français très contemporain et d’une oralité retrouvée.

À lire – Homère, L’Odyssée, nouvelle traduction par Emmanuel Lascoux, éd. P.O.L, 2021

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Anne Mulpas - Abécéd'Air et de Feu - S de Silence

Abécéd’air et de feu — Résidence d’auteur d’Anne Mulpas
Région Ile de France – Maison de la Poésie de Paris
Musique : Léonie Pernet
Montage son : Rym Debbarh-Mounir

Aujourd’hui l’Abécéd’Air est un Abécéd’Autres en compagnie de Daniel Deshays, preneur de son, réalisateur sonore et professeur d’université à l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre
et c’est le S de Silence qu’il a choisi.

Merci à l’ami conteur et poète, Fred Pougeard offrant au silence de nos cœurs les souffles de Eugène Guillevic, Anna Ahkmatova et Anne Hébert.

Daniel Deshays est ingénieur du son, professeur des universités habilité à diriger des recherches (2015), essayiste français. Chevalier des Palmes académiques (2013).
Il a réalisé la conception sonore de nombreuses créations théâtrales (dont 34 avec Alain Françon) et musicales.
Au cinéma, il a travaillé sur le son direct et sur l'enregistrement de la musique de nombreux films, avec entre autres : Chantal Akerman, Robert Bober, Robert Doisneau, Philippe Garrel, Agnès Jaoui, Robert Kramer.
Il a enseigné dès les années 1980 dans de nombreuses écoles nationales supérieures et ateliers de formation professionnelle.

Extrait :

...

Daniel,
j’ai jalousement choyé mon silence pour répondre au tien.
J’y ai appris péniblement à entendre.
Je n’en finis pas de commencer à entendre.

Je dis Je.

Je ne joue pas le jeu de la distance travaillée dans les autres chroniques.
Pour l’instant pas de Poète, pas de Femme qu’elle est censée être.
Elles demeurent en réserve.
Je m’adresse.
Et ainsi peux être enchevêtrée puisque c’est le silence qui m’offre l’unité et me relie si ce n’est au tout, au moins à quelque chose qui me dépasse.
Dans mon silence inaugural, l’enfant que nous sommes encore tous et toutes me noie dans la perplexité de son regard.
Dans ses yeux comme des lacs que chevauche l’en deçà, j’entends :

— C’est donc ainsi que les gens vivent ? C’est donc la voie que je dois suivre ?

...

Silence.
Entre impuissance et recueillement.
Toutes nos promesses sont ensevelies.

..

Silence.
Partons de lui.

...

Bibliographie :
De l'écriture sonore, Entre/vues, 1999
Pour une écriture du son, Klincksieck, 2006 ; version moins littéraire du précédent, allongée d'exemples et complétée, présentée sous forme de 50 questions s'adressant plus directement au profane.
Entendre le cinéma, Klincksieck, 2010
Sous l'avidité de mon oreille, Klincksieck, 2018