La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Artem Chapeye – Les gens ordinaires ne portent pas de mitraillettes

Entretien mené par Florent Georgesco
Interprète : Iryna Dmytrychyn

Au lendemain de l’invasion de son pays par la Russie, l’écrivain ukrainien Artem Chapeye décide de s’engager dans l’armée. Ce choix spontané va marquer les mois, les années à venir et même la vie de l’auteur. Rédigé sur le front, ce récit est celui d’une personne ordinaire qui n’aurait jamais dû porter une mitraillette si la guerre n’avait pas été déclarée. Son enrôlement dans « la résistance » va ébranler ses convictions politiques et bousculer sa vie familiale et amicale. À travers un texte poignant et intimiste, l’auteur partage le quotidien émotionnel d’un soldat et interroge la manière dont nos choix font notre identité, dans un contexte de conflit armé comme dans chaque moment de vie où le destin bascule.

En partenariat avec l’Institut ukrainien et l’Inalco.

À lire – Artem Chapeye, Les gens ordinaires ne portent pas de mitraillettes, trad. de l’ukrainien par Irina Bonin, Bayard, 2024

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Édouard Louis – Monique s’évade

Entretien mené par Mary Kairidi

“Une nuit, j’ai reçu un appel de ma mère. Elle me disait au téléphone que l’homme avec qui elle vivait était ivre et qu’il l’insultait. Cela faisait plusieurs années que la même scène se reproduisait : cet homme buvait et une fois sous l’influence de l’alcool il l’attaquait avec des mots d’une violence extrême. Elle qui avait quitté mon père quelques années plus tôt pour échapper à l’enfermement domestique se retrouvait à nouveau piégée. Elle me l’avait caché pour ne pas « m’inquiéter » mais cette nuit-là était celle de trop.
Je lui ai conseillé de partir, sans attendre.
Mais comment vivre, et où, sans argent, sans diplômes, sans permis de conduire, parce qu’on a passé sa vie à élever des enfants et à subir la brutalité masculine ?
Ce livre est le récit d’une renaissance.”
Édouard Louis

À lire – Édouard Louis, Monique s’évade, Seuil, 2024

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Jean Rolin – Les Papillons du bagne

Entretien mené par Raphaëlle Leyris

Mais qu’est-ce qui a bien pu entraîner Jean Rolin en Guyane à la chasse aux papillons ? Il était pourtant parti, en souvenir de sa mère, sur la Côte d’Azur, depuis Bandol jusqu’à Menton, suivre à pied les traces de l’écrivaine britannique Katherine Mansfield. Mais son périple devait s’interrompre brutalement à Hyères, sur les différents lieux du tournage de “Pierrot le Fou” de Godard. Dans son hôtel, en proie au découragement, alors qu’il zappait sur les chaînes de son téléviseur, il tombe sur le film “Papillon”, adapté du roman d’Henri Charrière. Et plus précisément sur la scène dans laquelle Steve McQueen et Dustin Hoffman s’efforcent avec maladresse de capturer des papillons Morpho, avant de les remettre à un agent de l’administration du célèbre bagne de Cayenne.

Le voilà embarqué outre-mer, jusque dans la forêt amazonienne, sur la piste de ces fameux papillons, traçant un itinéraire poétique à travers la géopolitique, l’histoire coloniale et les guerres, la littérature (avec Nabokov notamment), et donnant une magistrale illustration de son talent descriptif et narratif.

À lire – Jean Rolin, Les Papillons du bagne, P.O.L, 2024.

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Emmanuelle Salasc – Ni de lait, ni de laine

Rencontre animée par Fabien Heck

« La famille, tout le monde en a une, même ceux qui n’en ont pas, même ceux qui en ont plusieurs. La famille, c’est l’endroit au monde où on est le plus aimé, le plus haï, le plus protégé, le plus violenté, le plus soutenu, le plus abandonné, le plus nié, le plus encouragé, le plus cajolé, le plus admiré, le plus dénigré, le plus compris, le plus incompris. La famille est un superlatif. On y est seul, on y est nombreux. »

Emmanuelle Salasc propose une cinquantaine de nouvelles, parfois très brèves, parfois plus longues comme de véritables petits romans. Chacune saisit la tension secrète du lien familial qui unit et qui déchire, celle d’un amour immense et impossible. Certains textes atteignent la vérité d’un conte. D’autres ont la puissance d’une saga dont les héroïnes sont « les femmes de la famille », qui ont travaillé la laine, le lait, la terre.

À lire – Emmanuelle Salasc, Ni de lait, ni de laine, P.O.L., 2024

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Hervé Le Tellier – Le nom sur le mur

« Je ne suis pas l’ami d’André Chaix, et aurais-je d’ailleurs su l’être, moi que presque rien ne relie à lui ? Juste un nom sur le mur. Chaix était un résistant, un maquisard, un jeune homme à la vie brève comme il y en eut beaucoup.
Je ne savais rien de lui. J’ai posé des questions, j’ai recueilli des fragments d’une mémoire collective. Dans cette enquête, beaucoup m’a été donné par chance, presque par miracle, et j’ai vite su que j’aimerais raconter André Chaix.
Quatre-vingts années ont passé depuis sa mort. Mais à regarder le monde tel qu’il va, je ne doute pas qu’il faille toujours parler de l’Occupation, de la collaboration et du fascisme, du rejet de l’autre jusqu’à sa destruction. Ce livre donne la parole aux idéaux pour lesquels il est mort et questionne notre nature profonde, ce désir d’appartenir à plus grand que nous, qui conduit au meilleur et au pire. »
Hervé Le Tellier