La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Des villes littéraires : Rome & Paris

Avec Ingrid Astier, Giancarlo De Cataldo, Thomas Clerc & Alessandro Piperno
Entretien mené par Fabio Gambaro
Dans le cadre du festival Italissimo

C’est un mariage exclusif, qui dure depuis 1956. Pour célébrer les 70 ans du jumelage entre la Ville éternelle et la Ville Lumière, quatre écrivains sondent la présence de la cité dans leur travail. Une relation à double sens. D’un côté, comment représenter la ville, la raconter, la faire vivre ? De l’autre, comment elle influence elle-même le créateur : par son caractère, ses évidences, ses mouvements invisibles… Alessandro Piperno, le portraitiste romain tragi-comique, et Giancarlo De Cataldo, écrivain-magistrat qui de romans en scénarios met au jour l’architecture criminelle de la capitale italienne, dialogueront avec une voix majeure du polar français, Ingrid Astier, qui a écrit Paris de la Seine jusqu’au toits, et l’auteur Thomas Clerc, célébré pour son Paris, musée du XXIe siècle.

À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome

À lire – Alessandro Piperno, Un air de famille, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Lévi, 2025 – Giancarlo De Cataldo, La Svedese, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, 2025 – Ingrid Astier, Ultima, Gallimard, 2025 – Thomas Clerc, Paris, musée du XXIe siècle : le 18e arrondissement, éditions de Minuit, 2024

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Erica Cassano & Simona Dolce – Héritages de guerre

Entretien mené par Chiara Mezzalama
Dans le cadre du festival Italissimo

La soif, chez Erica Cassano, ne s’étanche pas avec l’eau. Et si Naples et ses habitants plient sous la sécheresse en cette année 1943, Anna, elle, veut s’abreuver d’autre chose : de connaissance, de liberté, d’un avenir possible. Au fil d’un premier roman puissant, Erica Cassano rêve une indépendance à sa jeune héroïne.

La liberté d’une femme au cœur de l’Histoire, c’est aussi celle d’Inge Brigitte, dans ce premier roman de Simona Dolce traduit en français. À 17 ans, la fille du commandant des camps d’Auschwitz-Birkenau fuit l’Allemagne et son propre nom pour devenir mannequin à Madrid. Sur le tard, elle se raconte à un journaliste : un récit bouleversant qui balance entre innocence et culpabilité.

À lire – Erica Cassano, La grande soif, J.C. Lattès, 2026 – Simona Dolce, Le vrai nom de Rosamund Fischer, traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, Presses de la Cité, 2025

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« Un air de famille » d’Alessandro Piperno, par Micha Lescot

Dans le cadre du festival Italissimo

Professeur de littérature française, directeur de collection érudit d’I Meridiani – l’équivalent italien de la Pléiade –, romancier célébré (prix Strega avec Inséparables, Liana Lévi, 2012), l’écrivain romain a fait de sa ville natale le décor de son grand œuvre. À son tableau de la bourgeoisie juive, Alessandro Piperno ajoute un nouveau roman tendre et ironique, moderne et mélancolique. En scène, le professeur Sacerdoti, écrivain et universitaire banni pour une citation misogyne de Flaubert. Drapé dans sa misanthropie, il choisit de se retirer dans la solitude, quand il se voit confier le tutorat d’un jeune cousin orphelin. Les deux existences vont basculer.

Le comédien Micha Lescot est de retour sur la scène d’Italissimo pour partager un extrait de ce grand roman.

À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome

À lire – Alessandro Piperno, Un air de famille, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Lévi, 2025

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Federica Manzon & Giuseppe Catozzella – Récits du retour

Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos
Dans le cadre du festival Italissimo

Giuseppe Catozzella, prix Strega Giovani avec Ne me dis pas que tu as peur (Seuil, 2014), met en scène la fracture Nord/Sud à travers une jeunesse quasi binationale : celle d’un fils d’immigrés calabrais dans la banlieue de Milan, qui retourne l’été au pays d’origine dans la ferme familiale.

Federica Manzon, elle, fouille la mémoire d’Alma, journaliste romaine de retour à Trieste à la mort de son père. Dans sa ville natale, la question de l’héritage familial prend un tour plus large. À l’heure où les souvenirs forment une galerie de miroirs intimes se dessine, facette après facette, une identité. Alors, au Nord comme au Sud, l’histoire personnelle embrasse l’histoire collective.

À lire – Federica Manzon, Retour à Trieste, traduit de l’italien par Laura Brignon, Albin Michel, 2026 – Giuseppe Catozzella, L’été du mauvais œil, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Buchet-Chastel, 2026

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Francesca Melandri – Empathies sélectives

Entretien mené par Camille Thomine
Dans le cadre du festival Italissimo

À l’image des dernières générations européennes, Francesca Melandri n’a connu que la paix. Lorsque déferlent les premières images de l’invasion russe en Ukraine, à l’heure où la guerre est de retour sur le continent, elle établit une évidente correspondance. Ce champ de bataille, son père l’a pratiqué, envoyé sur le front russe en 1942.

C’est à lui – disparu depuis – qu’elle adresse ce récit épistolaire intime et philosophique, qui déterre les souvenirs enfouis sous la neige et questionne les empathies sélectives. Pourquoi l’opinion publique s’éveille-t-elle face à une guerre et se désintéresse-t-elle d’une autre ? À la lumière de l’Histoire et de ses contradictions, une sensible et pertinente théorie de la relativité.

À lire – Francesca Melandri, Les pieds froids, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2026