La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Pascal Boroto, Le nom de ma mère

En dialogue avec Mohamed Mbougar Sarr
Entretien mené par Catherine Fruchon Toussaint

Solange Lusiku a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle ; débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère, mais quel homme, quel journaliste souhaite-il devenir ? Pour le découvrir, il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule.

Économiste et journaliste, Pascal Boroto est originaire du Kivu, en RDC. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés. Pour faire entendre les histoires qu’on lui a confiées, il a fondé “Les Voix des oubliés”. Le nom de ma mère, son premier roman, a reçu le Prix Voix d’Afriques 2026 dont le jury est présidé par Mohamed Mbougar Sarr.

« Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. »

À lire – Pascal Boroto, Le nom de ma mère, JC Lattès, 2026

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Christophe Ono-dit-Biot, L’odyssée de l’Odyssée

Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos

Les sirènes tentatrices, l’infâme cyclope, Circé et ses pourceaux, et bien sûr Ulysse, mari aimant et roi éclairé, qui parvient après mille détours à rentrer chez lui auprès de sa fidèle épouse pour récupérer sa terre et n’en plus bouger… Voilà ce qu’on nous a toujours raconté des aventures d’Ulysse dans L’Odyssée. Mais lit-on encore vraiment les 12 000 vers d’Homère ?

Or, les lire en compagnie d’un passeur passionné comme Christophe Ono-dit-Biot, c’est découvrir, au-delà des images d’Épinal moralisatrices et simplistes, un univers beaucoup plus riche, sensuel, brutal, complexe et captivant. Avec lui, nous comprenons enfin pourquoi L’Odyssée, l’une des plus merveilleuses inventions littéraires de tous les temps, fascine toujours, près de trente siècles après qu’elle a été fixée par écrit, et comment elle nous aide encore à naviguer dans les brouillards de notre époque. À prendre, aussi, un plaisir fou.

À lire – Christophe Ono-dit-Biot, L’odyssée de l’Odyssée, Grasset, 2026

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Constance Guisset, Fleur de peau

Lecture par Anne Cantineau
Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos

Pour Ava, fleuriste parisienne et mère de deux enfants, les saisons s’écoulent au gré des clients et des messages à transmettre avec les fleurs. Jusqu’au jour où elle reçoit des analyses inquiétantes qui lui font penser que son sang contient des taux élevés de pesticides. Malgré l’apparition des premières perturbations physiques, elle garde le secret. Même auprès de Jérôme, son mari, qui ne voit rien.

Prise dans une course contre la montre, Ava tente la diversion. Un séminaire en Normandie dans un jardin légendaire et une nuit insolite passée à la belle étoile vont déclencher en elle le désir effréné de redevenir vivante.

« Toutes les fleurs semblent hostiles, même les plus délicates. Les corolles sont autant de grenades dégoupillées et les pistils ricanent de ma naïveté. Je respire mal, je tremble, j’ai peur. Quelle est la probabilité que je tombe malade ? Ne le suis-je pas déjà ? Ces fleurs sont pourtant mes alliées, impossible d’envisager leur complicité. »

À lire – Constance Guisset, Fleur de peau, Flammarion, 2026

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Douglas Kennedy, L’homme qui n’avait pas assez d’une vie

Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos

Presque trente ans après, Douglas Kennedy nous livre la suite tant attendue du roman qui l’a révélé en France, L’Homme qui voulait vivre sa vie.

L’auteur nous entraîne à travers les paysages grandioses du Montana, sur les traces d’un homme aux mille visages, insaisissable et désespéré.

Professeur de photographie en Californie, Andrew Tarbell, la soixantaine, est toujours sous le coup du décès récent de son épouse. Cherchant à se rapprocher de son fils, Jack, avec lequel il entretient une relation difficile, il suit assidûment les publications de ce dernier, apprenti journaliste. Or voici que Jack publie une enquête sur une affaire de plagiat qui fait grand bruit à Hollywood. Le nom du coupable ? Adam Bradford. Pour Andrew, c’est le choc. Adam est en effet le fils qu’il a abandonné trente ans plus tôt, quand il s’appelait encore Ben Bradford et qu’il avait été déclaré mort dans l’explosion de son bateau.

À lire – Douglas Kennedy, L’homme qui n’avait pas assez d’une vie, trad. de l’anglais par Chloé Royer, Belfond, 2026

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Carole Boinet, L’enthousiasme

Lecture par Nicolas Maury
Entretien mené par Sylvia Minne

Une femme s’absente de Paris et se réfugie en Bretagne, dans la maison familiale, fatiguée de ses virées nocturnes, de son rapport à l’alcool, au sexe. Au cours d’une promenade, un chien se jette sur elle et par réflexe, la voilà le propulsant brutalement en contrebas. Cette réaction vitale agit sur elle comme un révélateur. Depuis de trop nombreuses années, un enthousiasme l’a désertée et un souvenir ne cesse de la hanter.

Une réflexion obsédante sur la violence, la reconquête de soi et la possibilité de l’amour.

À lire – Carole Boinet, L’enthousiasme, Stock, 2026