La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

En cours de lecture

« Aux avortées inconnues »

Avec Darina Al Joundi, Anne Alvaro, Bénedicte Mbemba, Yvette Caldas, Samuel Charle, Agnès Château, Philippe Duclos, India Hair, Clotilde Hesme, Mata Gabin, Isabelle Lafon, Barbara Lamballais, Emmanuel Lemire, Toufan Manoutcheri, Estelle Meyer, Maëlys Ricordeau, Kelly Rivière, Françoise Gillard
Et avec la présence d’Annie Ernaux
Soirée à l’initiative de Mariana Otero
Musique par Maëlle Desbrosses

L’association « Aux avortées inconnues », formée à l’initiative de Mariana Otero, appelle à ériger à Paris un monument à la mémoire des milliers de femmes décédées suite à des avortements clandestins avant l’adoption de la loi Veil de 1975.

Dans le cadre de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement, l’association présentera ce projet de monument, sa portée mémorielle ainsi que son rôle dans le présent pour défendre le droit à l’avortement en France et dans le monde.

L’association donnera aussi à entendre la parole de femmes ayant voulu avorter au début des années 1970, avec la lecture par des comédien.ne.s de lettres extraites de l’ouvrage à paraître Lettres pour un avortement illégal (1971/1974). Cet ouvrage constitué à partir des archives de l’association Choisir la cause des femmes, rassemble des courriers de femmes demandant un avortement illégal à un Professeur de médecine militant pro-choix.

Émouvantes par leur contenu et leur style, ces lettres témoignent de la vie des femmes dans les années 1970 et plus généralement, du désespoir qui s’empare des femmes quand elles ne peuvent avorter légalement.

Interventions de la cinéaste Mariana Otero, des universitaires Stéphanie Hennette Vauchez et Bibia Pavard, spécialistes de l’avortement, de la Directrice de l’association Choisir la Cause des femmes, Violaine Lucas, de Floriane Volt Directrice des affaires économiques et juridiques de la Fondation des femmes et de Sarah Durocher, Présidente du Planning familial.

En partenariat avec l’association Choisir la cause des femmes, le Planning familial et la Fondation des Femmes.

À lire – Collectif, Lettres pour un avortement illégal de 1970 à 1974, Libertalia, 2025.

En cours de lecture

(OUiiii) #1 – Littérature féministe & érotique – "Me my sexe and I"

Par Axelle Jah Njiké
Lecture par Marie-Sohna Condé
Entretien mené par Eva Sauphie

Imaginé par Axelle Jah Njiké, autrice afropéenne et militante féministe païenne, (OUiiii) invite à découvrir des textes de la littérature érotique écrite par des femmes autrices d’hier et d’aujourd’hui.

Invitant le temps d’une soirée une autrice, à une discussion sur le désir et le plaisir féminin, la sexualité, et l’intimité, ce cycle littéraire féministe et érotique convie le public à découvrir des œuvres pornographiques et érotiques que toute lectrice (jeune ou moins jeune, féministe ou pas) devrait avoir lu.

À chaque édition, une sélection renouvelée subjective et non-exhaustive de textes cultivant la multiplicité des voix et des expériences sera proposée, afin de mettre en lumière l’agentivité des femmes dans ce domaine et en quoi les récits qu’elles ont produits peuvent contribuer à forger l’imaginaire érotique de toute une chacune.

Wendy Delorme n’étant malheureusement plus disponible pour cette première édition comme annoncé, cette soirée sera assurée par Axelle Jah Njiké – en conversation avec la journaliste Eva Sauphie autour de textes de sa sélection, avant-propos aux autres rendez-vous du cycle et à ses invitées.

Cette rencontre a lieu dans le cadre de LA B.A.S.E, cycle de rendez-vous intergénérationnel culturels féministes – créé, produit et présenté par Axelle Jah Njiké.

À lire – Axelle Jah Njiké, Journal intime d’une féministe (noire), Au Diable Vauvert, 2022 – Collectif, sous la dir. de Léonora Miano, Volcaniques : une anthologie du plaisir, Mémoire d’Encrier, 2015.

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Nine Antico – Une obsession

En dialogue avec Johanne Rigoulot
Entretien mené par Marguerite Demoëte

En vue d’un voyage à Venise après une séparation, Nine Antico s’interroge sur son obsession pour les garçons et l’amour. Elle remonte le fil de son désir, sonde son besoin impérieux de séduire et exhume un souvenir d’enfance, clé de voûte de son rapport au sexe, aux hommes et à elle-même. Figure de la bande dessinée féminine et féministe, Nine Antico poursuit les thématiques abordées dans ses précédentes BD, Le Goût du paradis, Coney Island Baby et Madones et putains, en questionnant la part de déterminisme et de libre arbitre dans notre sexualité.

À lire – Nine Antico, Une obsession, Dargaud, 2025 – Johanne Rigoulot, La Vie continuée de Nelly Arcan, Les Avrils, 2025.

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Muriel Pic – Leçons de possession. Les archives de la drogue d’Henri Michaux

Entretien mené par Laurent Evrard

« Violenté jusqu’à ce que je m’aligne sur la vibration nouvelle. »
Henri Michaux

Muriel Pic propose un texte inédit sur les expérimentations de drogues par Henri Michaux à l’époque où l’on inventait les médicaments psychotropes.
Henri Michaux (1899-1984), écrivain et peintre, participe à partir de 1955 aux recherches sur les hallucinogènes conduites à l’échelle mondiale. Pendant des années, il va expérimenter diverses substances – haschich, mescaline, champignons, LSD – sous le contrôle et en collaboration avec l’hôpital Sainte-Anne, le Muséum d’histoire naturelle de Paris ou encore avec les laboratoires pharmaceutiques suisses Sandoz, qui produisent les molécules utilisées à des fins cliniques et thérapeutiques.
La révolution psychopharmacologique aboutit à l’invention de la médication psychotrope et au contrôle chimique du comportement. Cet événement majeur dans l’histoire des sciences est raconté ici du point de vue d’un artiste qui en fut à la fois le témoin et l’acteur.
Muriel Pic se fonde sur les archives inédites des expérimentations sous drogue de Michaux : des notes d’auto-observation d’un incomparable éclat poétique. À partir de ce matériau fascinant, l’ouvrage replace pour la première fois l’œuvre de Michaux dans son contexte en rappelant que ses textes et dessins nés de la folie volontaire ont d’abord été considérés par les médecins comme des documents scientifiques sur l’hallucination.
Cet ouvrage est richement illustré des dessins de Michaux créés sous influence et de nombreux documents issus de ses « archives de la drogue ».

Avec le soutien de Pro Helvetia.

À lire – Muriel Pic, Leçons de possession. Les archives de la drogue d’Henri Michaux, éditions Macula, 2025.

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Mariana Enriquez – Un lieu ensoleillé pour personnes sombres

Lecture par Raphaëlle Saudinos
Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos
Interprète : Manuela Corigliano

Des voix magnétiques, pour la plupart féminines, racontent le mal qui rôde et les monstres qui surgissent au beau milieu de l’ordinaire. L’une semble tant bien que mal tenir à distance les esprits errant dans son quartier bordé de bidonvilles. L’autre voit son visage s’effacer inexorablement, comme celui de sa mère avant elle. Certaines, assassinées, reviennent hanter les lieux et les personnes qui les ont torturées. D’autres, maudites, se métamorphosent en oiseaux.

Les légendes urbaines côtoient le folklore local et la superstition dans ces douze nouvelles bouleversantes et brillamment composées, qui, de cauchemars en apparitions, nous surprennent par leur lyrisme nostalgique et leur beauté noire, selon un art savant qui permet à Mariana Enriquez de porter, une fois de plus, l’horreur aux plus hauts niveaux littéraires.

À lire – Mariana Enriquez, Un lieu ensoleillé pour personnes sombres, trad. de l’espagnol par Anne Plantagenet, éd. du sous-sol, 2025.