La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Camille Laurens – Ta promesse

Entretien mené par Olivia Gesbert

« Au moment où s’ouvre ce livre, je romps une promesse. Lorsque je l’ai faite, c’est idiot, j’étais sûre que je la tiendrais. Enfin, idiot, je ne sais pas. La moindre des choses, quand on fait une promesse, n’est-ce pas d’y croire ? »

Que s’est-il passé avec son compagnon pour que la romancière Claire Lancel doive se défendre devant un tribunal ? Au fil du récit, elle raconte comment elle s’est peu à peu laissé entraîner dans une histoire faite de manipulations et de mensonges.

Dans ce roman haletant, Camille Laurens questionne le narcissisme contemporain, l’absence d’empathie, et se demande comment sauver l’amour de ses illusions.

À lire – Camille Laurens, Ta promesse, Gallimard, 2025

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Claro – Parler me semble ridicule

Entretien mené par Bruno Blairet

Dans ce livre où la folie d’écrire produit « des milliers de ronds » dans l’eau de la mémoire, l’auteur de La Maison indigène prolonge l’exploration à la fois poignante et ironique de ses origines d’écrivain – afin de vérifier sans doute la fameuse hypothèse de Proust : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature. »

À lire – Claro, Des milliers de ronds dans l’eau, Actes Sud, 2025

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Lola Lafon – Il n’a jamais été trop tard

Lecture par l’autrice accompagnée par Olivier Lambert
Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos

« Ce livre est une histoire en cours. Celle d’un hier si proche et d’un demain qui tremble un peu. Ce présent qui bouscule, malmène, comment l’habiter, dans quel sens s’en saisir ? Comme il est étroit, cet interstice-là, entre hier et demain, dans lequel l’actualité nous regarde. Elle reflète le monde, mais aussi des événements minuscules en nous, des souvenirs, des questions, des inquiétudes. Ces pages ne sont pas le lieu d’un territoire conquis, d’un terrain marqué de certitudes. Ce livre est l’histoire de ce qui nous traverse, une histoire qu’on conjuguerait à tous les singuliers. »

À lire – Lola Lafon, Il n’a jamais été trop tard, Stock, 2025

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Alexander Dickow & Alain Damasio – Langues siamoises

Entretien mené par Christèle Couleau

Alexander Dickow et Alain Damasio se sont rencontrés sur la frontière entre deux langues, l’anglais et le français qu’ils pratiquent et affectionnent tous les deux. Alexander Dickow, chercheur, poète, romancier, a le goût de l’étrange(r) et des monstres, jusque dans le caractère hybride de son écriture, savamment désarticulée à force de solécismes et de greffes linguistiques. De Caramboles (Argol éditions, 2008), recueil bilingue où les poèmes en miroir font mieux que se traduire, au Premier Souper (La Volte, 2021), prose où s’incarnent d’effrayantes altérités, son œuvre est traversée de voix venues d’ailleurs. Il lui revenait de relever le défi de traduire le chef-d’œuvre d’Alain Damasio, La Horde du contrevent (La Volte, 2004), dont la polyphonie narrative et la syntaxe rafalante requéraient une transposition créative plus qu’une simple transcription. Ce sont tout d’abord des extraits de cette traduction inédite, en écho avec le texte original, qui seront portés à deux voix par Alexander Dickow et Alain Damasio. Ce dernier partagera également avec le public les passages du Premier Souper qui lui tiennent le plus à cœur et nous expliquera ses choix. Alexander Dickow dévoilera enfin les premières pages de son nouveau roman, La Greffe : imaginant un monde où les carnosculpteurs travaillent la chair en chirurgiens et en créateurs, il poursuit son désir d’explorer jusqu’à l’extrême la plasticité des langues et des corps.

À lire – Alexander Dickow, Premier Souper, La Volte, 2021 – Alexander Dickow, Appétits suivi de Un grenier, La Rumeur Libre, 2022 – Alain Damasio, Vallée du silicium, Seuil, 2024

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Corinne Aguzou – La révolution par les femmes

Rencontre animée par Sophie Joubert

Angèle, Barbara, Mira, Mariette, Suzanne, Marouchka sont les victimes, diversement amochées, d’un monde où violence sexuelle et violence économique semblent indissociables. Armées de leur seule conscience politique – doublée d’un sens comique parfois involontaire – elles fomentent, avec l’aide de quelques hommes, dans les marges et sous-sols d’un grand ensemble appelé le Blockhaus, une révolution « post-féministe ».
Ce premier roman, paru trop discrètement il y a vingt ans, continue à sidérer par sa vigueur politique, son originalité narrative et sa frénésie burlesque. Il exige d’être à nouveau lu, dans un contexte qui n’est (heureusement) plus du tout celui de sa première édition. On reproche souvent au féminisme et à la littérature féministe de rester trop « théorique » ou de manquer d’humour. La révolution par les femmes démontre avec éclat que ce n’est pas une fatalité.

À lire – Corinne Aguzou, La révolution par les femmes, éd. Tristram, 2025