La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Claude Duneton façon puzzle

Avec Jacques Bonnaffé, François Chattot, Pablo Cueco, Louis Duneton, Louis-Do de Lencquesaing, Catherine Merle, Gérard Mordillat, Lou Wenzel…

Voici déjà onze ans que Claude Duneton a tiré sa révérence. Figure originale et attachante, il a marqué tous ceux qui l’ont fréquenté. Duneton a enseigné l’anglais et le français, fait du théâtre, de la radio et de la télé, et même joué dans quelques films. Un pied dans l’édition parisienne et l’autre dans le terroir occitan, il est l’auteur d’une trentaine de livres, mais sa chronique du langage au Figaro, “Au plaisir des mots”, aurait suffi à le rendre populaire.
L’auteur du Bouquet méritait bien qu’on lui offrît une soirée d’hommage. Amis, collègues, partenaires, compagnons de route ou de rencontre, tous ont souhaité parler de lui, de lui avec eux. Chacun apporte ici sa pièce pour composer le portrait d’un personnage sans doute plus complexe que ce qu’il a pu paraître. Un puzzle, en somme, dans tous les sens du terme.

“Le langage est un fameux véhicule et, contrairement aux autres, il ne coûte rien.”
Claude Duneton

À lire – Claude Duneton façon puzzle, préface de Gérard Mordillat, éd. Unicité, 2023.

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Épopées minuscules de Sandrine Tolotti

Lecture par Constance Dollé
Rencontre animée par Catherine Portevin

Une jeune Chinoise qui trouve dans la lecture puis l’écriture une manière de tracer un chemin impensable dans sa vie au regard de sa condition sociale ; un banc public qui raconterait sa vie et celles dont il accueille le repos ; un centenaire perché dans la montagne, dans une maison aux soixante-dix portes ; un » club des hommes ennuyeux » où l’on se réunit pour évoquer la beauté des ronds-points… et tant d’autres histoires arrachées à l’ordinaire de nos vies.

Sandrine Tolotti a créé en 2019 le média « L’Intimiste », pour raconter de singuliers récits de vie : l’irruption du merveilleux imprévu dans nos quotidiens, le romanesque qui bouscule certaines histoires minuscules. Elle les réunit dans un ouvrage que l’on a envie de partager comme un cadeau.

Illustration ©Laura Francese

À lire – Sandrine Tolotti, Épopées minuscules, Premier Parallèle, 2023.

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May Ayim & Audre Lorde, poétesses décoloniales : afroféminisme & antiracisme transatlantique

Lecture par Nanténé Traoré & Marie-Sohna Condé
Rencontre avec Lucie Lamy & Jean-Philippe Rossignol & les éditrices de L’Arche et d’Ypsilon, animée par Christelle Murhula

À l’occasion de la publication de Nouveau départ de May Ayim et de Charbon d’Audre Lorde, les éditions Ypsilon et L’Arche vous invitent à traverser l’œuvre de ces deux poétesses, essayistes et militantes par une soirée de lectures et de discussion.

Pour Ayim comme pour Lorde, il aura fallu attendre plus de vingt ans pour voir traduire leur poésie en français. Reconnues dans leurs pays comme des figures essentielles de la lutte contre le racisme et le sexisme, les écrits de ces deux grandes personnalités de l’afroféminisme sont enfin disponibles en France, apportant une nouvelle pierre à l’histoire internationale du mouvement.

Ayim et Lorde se sont rencontrées à Berlin au cours des années 1980, alors que les liens transatlantiques du mouvement se renforçaient, les mots et les idées circulant entre l’Allemagne et les États-Unis. Ayim fut l’une des premières à revendiquer le terme d’afro-allemande, et Lorde une pionnière dans l’affirmation d’identités multiples et mouvantes (« poète, noire, féministe, lesbienne, mère, guerrière, professeure et survivante du cancer » comme elle se décrivait elle-même).

Toutes deux ont écrit des essais et des recueils de poésie, démontrant par leur travail que théorie, pratique, militantisme et poésie peuvent fonctionner ensemble pour changer le monde.

Marie-Sohna Condé et Nanténé Traoré porteront les voix des poétesses, puis une discussion autour de la traduction sera proposée avec Lucie Lamy et Jean-Philippe Rossignol, traducteur et traductrice de May Ayim, et les éditrices d’Ypsilon et de L’Arche.

À lire
– Audre Lorde, Charbon, trad. de l’anglais (États-Unis) par le collectif Cételle, éd. de l’Arche, 2023
– May Ayim, Nouveau départ, trad. de l’allemand par Lucie Lamy et J.-P. Rossignol, éd. Ypsilon, 2023.

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Antoine Wauters – Le plus court chemin

Lecture par l'auteur
Rencontre animée par Camille Thomine

Antoine Wauters a grandi dans la campagne wallonne. « Je suis marqué à vie par ce monde presque disparu. C’est une immense joie et une immense peine. Je ne peux pas le dire mieux : mon enfance me remplit de peine et de joie. » Par fragments, ou tableaux, il remonte le fil de ces années effacées, se remémore des scènes, des individus, des sensations, dans un dialogue intérieur avec celui qu’il est aujourd’hui, qui manie la langue et use des mots comme de traces, des inscriptions à la puissance infinie.

« J’ai longtemps vécu, et vis encore, avec le sentiment que les mots sont la seule vraie présence en moi. (…) C’est un pays, un lieu qui me devance et vers lequel je tends. Le seul endroit où l’on peut me trouver – et le seul où je me trouve. Partout ailleurs, je n’y suis pas. Je n’ai lieu que là. »
Antoine Wauters – Le plus court chemin

À lire – Antoine Wauters, Le plus court chemin, Verdier, 2023.

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Nathacha Appanah – La mémoire délavée

Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos

Ce poignant récit s’ouvre sur un vol d’étourneaux dont le murmure dans une langue secrète fait écho à toutes les migrations et surtout à celle d’aïeux, partis d’un village d’Inde en 1872 pour rejoindre l’île Maurice. C’est alors le début d’une grande traversée de la mémoire, qui fait apparaître autant l’histoire collective des engagés indiens que l’histoire intime de la famille de Nathacha Appanah.

L’autrice raconte avec pudeur et délicatesse la vie de ses ancêtres, de ses parents mais aussi sa propre enfance comme si la mémoire se délavait de génération en génération et que la responsabilité de l’écrivain était de la sauver, de la protéger.

« Il y a ces minutes étranges, gris-bleu, glissantes, quand le soleil s’en va et quelque chose venu du fond des âges remonte et se rappelle à nous. »
Nathacha Appanah – La mémoire délavée

À lire – Nathacha Appanah, La mémoire délavée, Coll. « Traits portraits », Mercure de France, 2023.