La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Pascal Quignard – Les heures heureuses

Donner une forme imprévisible à sa propre vie et s’y tenir quelle qu’elle soit devenue, tel est le but de l’ascèse.
À l’intérieur de l’énigme de chaque vie, chacun devient alors l’indice d’une chance, d’un heur qui est comme tombé du ciel. 
J’ai eu l’heur de vivre.
Bon heur : bonne pioche.
Mal heur : mal chance, mauvaise étoile.

« Derrière les heures ce sont les paysages.
Le temps qui se tient derrière le temps c’est la rotation des paysages.
Le printemps, l’été, l’automne, l’hiver.
Les paysages sont les visages inoubliables du temps originaire qui fuse. »
Pascal Quignard — Les heures heureuses

À lire – Pascal Quignard, Les heures heureuses, Albin Michel, 2023.

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Les petites conférences #2 : « Raconter la guerre, dessiner la paix »

Par Delphine Minoui, grand reporter, lauréate du Prix Albert Londres 2006
Tout public, à partir de 10 ans

« Lumières pour enfants », c’était le titre donné par Walter Benjamin aux émissions de radio destinées à la jeunesse qu’il assura avant la montée du nazisme. Ce titre, Gilberte Tsaï l’a repris pour les Petites conférences qu’elle programme depuis 2001 dans différents établissements culturels.
Elles reposent sur le pari que ni les grandes questions, ni les espaces du savoir, ne sont étrangères au monde des enfants et qu’au contraire elles font partie de leur souci, formant un monde d’interrogations restant trop souvent sans réponses.
La règle du jeu en est la suivante : un spécialiste d’une matière ou d’un domaine accepte de s’adresser à un public composé d’enfants mais aussi d’adultes, et de répondre à leurs questions. À chaque fois, il n’est question que d’éclairer, d’éveiller : en prenant les sujets au sérieux et en les traitant de façon vivante, hors des sentiers battus.

Programme de la Petite conférence #2 – « Raconter la guerre, dessiner la paix, 25 ans de reportages au Moyen-Orient » par Delphine Minoui :
Rien ne prédestinait l’enfant timide, née à Paris d’une mère française et d’un père iranien, à devenir reporter de guerre. Quand elle s’envole pour Téhéran, en 1997, c’est avec l’envie d’y raconter le quotidien des jeunes de son âge, épris d’ouverture. Mais l’après 11-septembre 2001 chamboule tout. Elle se retrouve en Afghanistan, puis en Irak, pour suivre l’invasion américaine et ses conséquences sur la région. Depuis, les soubresauts s’enchaînent : révolutions du printemps arabe, attentats de Daech, crise des réfugiés syriens, putsch raté en Turquie, retour des Taliban à Kaboul. Mais Delphine ne perd jamais espoir. Sensible à l’humain au milieu du chaos, elle navigue entre ses articles et ses livres pour faire parler la paix, encore et toujours, en racontant le combat des héros anonymes croisés sur son chemin.
Entre anecdotes et confidences, la conférence donnera à voir les coulisses du reportage, où le journaliste n’est ni un super héros ni un agent du « fake news » au service d’un grand complot, mais un témoin d’exception, porteur de lumière, même au cœur de l’obscurité.
Le terrain est la colonne vertébrale de son écriture. Correspondante au Moyen-Orient pour France Inter et France Info dès 1999 puis pour Le Figaro depuis 2002, Delphine Minoui a consacré la moitié de sa vie à cette partie du monde synonyme de révolutions, coups d’État et conflits.

À lire – « Les petites conférences » sont devenues une collection aux éditions Bayard. – Delphine Minoui, L’alphabet du silence, l’Iconoclaste, 2023, Les Passeurs de livres de Daraya, Seuil, 2017, Je vous écris de Téhéran, Seuil, 2015

Conception et programmation : Gilberte Tsaï
Production : l’Équipée.

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Enrique Vila-Matas – Montevideo

En dialogue avec Tiphaine Samoyault
Interprète : Manuela Corigliano

Un narrateur en panne d’inspiration se remémore ses années de bohème à Paris. La dèche, la mansarde, les petits trafics d’herbe : l’attirail classique de l’écrivain romantique qui aspire à la gloire d’Hemingway. Paris est une fête, c’est bien connu… En proie au doute, il commence à observer des signaux qui le ramènent invariablement à l’essence de l’écriture. Depuis la mystérieuse chambre 205, du modeste hôtel de passe Cervantes à Montevideo, mise en scène par Julio Cortázar, les symboles se succèdent, reliant Paris à Cascais, Montevideo à Reykjavik et Saint-Gall à Bogota, qui tous témoignent de l’impossibilité de l’écriture à raconter la vie. En revanche, on peut entrer dans l’espace de fiction pour transformer la vie en littérature. De digression en digression, on est happé dans un vertigineux vortex, ébloui par l’intelligence du propos, la générosité de l’auteur envers ses pairs, la finesse de son humour et une autodérision à toute épreuve.

Immense écrivain, Enrique Vila-Matas est traduit dans une quarantaine de langues et s’est vu attribuer les plus prestigieux prix à travers le monde.

À lire – Enrique Vila-Matas, Montevideo, trad. de l’espagnol par André Gabastou, Actes Sud, 2023.

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Marielle Macé – Respire

Lecture par l'autrice accompagnée de Mahut

« Ce livre parle d’aujourd’hui, de nos asphyxies et de nos grands besoins d’air. Parce qu’une atmosphère assez irrespirable est en train de devenir notre milieu ordinaire. Et l’on rêve plus que jamais de respirer : détoxiquer les sols, les ciels, les relations, le quotidien, souffler, respirer tout court. Peut-être d’ailleurs qu’on ne parle que pour respirer, pour que ce soit respirable ou que ça le devienne. Il suffit de prononcer ce mot, “respirer”, et déjà le dehors accourt, attiré, aspiré, espéré à l’appel de la langue. »
Marielle Macé

« On manque d’oxygène, de santé, de paix, on manque de liens vrais, de justice et de joies. »
Marielle Macé – Respire

À lire – Marielle Macé, Respire, Verdier, 2023.

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Éric Fottorino – Mon enfant, ma sœur

Lecture par Emmanuel Noblet
Rencontre animée par Kerenn Elkaïm

Dans Dix-sept ans, Éric Fottorino évoquait le fantôme qui hantait le début de son roman familial : une petite fille née trois ans après lui et aussitôt arrachée à sa mère, Lina, puis adoptée dans la clandestinité d’une institution religieuse bordelaise. Mon enfant, ma sœur est d’abord la quête de cette inconnue. Ce monologue sensible, long poème en prose, se transforme peu à peu en une sidérante enquête qui conduira le narrateur sur la trace de sa sœur disparue. Éric Fottorino continue sa bouleversante recherche d’identité entamée en 1991 avec Rochelle, et poursuivie depuis avec Korsakov et L’homme qui m’aimait tout bas.

« chaque 10 janvier de sa vie
depuis soixante ans
maman reste couchée
elle te remet au monde
c’est de ça que je veux parler
de ça et de rien d’autre »
Éric Fottorino – Mon enfant, ma sœur

À lire – Éric Fottorino, Mon enfant, ma sœur, Gallimard, 2023.