La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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DANS LE CERVEAU DES COMÉDIENS

Anouk Grinberg en dialogue avec Lionel Naccache (neurologue)
Rencontre animée par Francesca Isidori

« Je joue depuis quarante ans, me suis appelée de beaucoup de noms, me suis retrouvée dans la peau d’une mystique, d’une tortue, d’une vieille femme, d’amoureuses, d’un tyran… Pendant toutes les années où j’ai joué et regardé les autres faire, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander ce qu’on faisait vivre à nos cerveaux. C’étaient des partenaires fantastiques pour s’échapper de nous-mêmes, mais je me demandais ce qu’ils vivaient quand ils sautaient comme des pop-corn dans la vie des autres.

Alors j’ai questionné des comédiens pour savoir ce qui se passe dans leur tête et leur corps quand ils jouent, et je suis allée à la rencontre de scientifiques pour leur demander de m’aider à comprendre ce qui se passe dans nos cerveaux quand on devient un autre. Au Palais de la science, j’ai poussé mon caddie.

J’ai compris qu’il était impossible de comprendre ce qui se passe dans un cerveau qui joue sans comprendre comment fonctionne le cerveau à l’état normal. Rien n’est comme on croit dans la vie. Le cerveau est si cocasse. J’ai compris tant de nos bizarreries humaines, que j’ai eu envie de partager ce trésor, qui finalement nous rassemble. »

Anouk Grinberg

À lire – Anouk Grinberg, Dans le cerveau des comédiens, éd. Odile Jacob, 2021.

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DANY LAFERRIÈRE – SUR LA ROUTE AVEC BASHÔ

Rencontre animée par Sophie Joubert

Dans le cadre du festival Paris en toutes lettres

Sur la route avec Bashô suit la méthode nonchalante et néanmoins réfléchie de Bashô, le moine-poète japonais du XVIIe siècle, une des inspirations constantes de l’auteur. Le narrateur parcourt le monde d’aujourd’hui, de l’Amérique au Japon en le prenant par surprise. Il admire, il se remémore, il ressent. Des dessins accompagnent le texte, qui sont peut-être la rêverie de ce narrateur « dans ce monde sans pitié ». Voyageant dans le monde contemporain, il ne peut que constater que la menace est partout. Dessinant ce qu’il voit, le narrateur écrit aussi des mots : « Black lives matter ». « Un nègre est un homme et tout homme est un nègre », dit-il au début de sa pérégrination. Son intention n’est pas de changer le monde, « simplement d’y vivre ». Et l’on comprend alors que, comme le disait Pavese, c’est un métier de vivre.

Heureusement, il y a la littérature, le jazz, les femmes élégantes, les cafés et les fleurs. Il y a encore des rayons de soleil.

À lire – Dany Laferrière, Sur la route avec Bashô, Grasset, 2021.

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GWENAËLLE AUBRY – SAINT PHALLE, MONTER EN ENFANCE

Par l’auteure, Marianne Denicourt & Theo Hakola

Dans le cadre du festival Paris en toutes lettres

« Saint Phalle ne pleure pas (ou juste des pierres)… »

Gwenaëlle Aubry nous entraîne dans la vie et l’œuvre d’une artiste meurtrie qui choisit de créer au lieu de détruire, se déclara « à jamais solidaire de tous ceux que la société et la loi excluent et écrasent. » Une œuvre conçue à l’inverse d’un trompe l’œil puisqu’elle donnait à voir jusqu’à l’obscène. Question de survie. Ainsi aura-t-elle transformé le ressentiment en révolte et en rire, exorcisé la violence d’un père et celle de l’amour, comme dans Hors-d’œuvre : « J’avais quelqu’un dans la peau qui, je le savais, n’était pas bon pour moi. Ma manière de sortir de cette relation : je lui ai volé une chemise. Je l’ai collée sur un panneau. J’ai mis une cible pour la tête et je l’ai tué d’une manière rituelle en lui lançant des fléchettes. Ça m’a guérie très rapidement ». Gwenaëlle Aubry va jusqu’aux sources de la création, nous donnant accès aux arcanes de l’œuvre de Saint Phalle mais très certainement aussi aux siennes propres.

À lire – Gwenaëlle Aubry, Saint Phalle. Monter en enfance, Stock, 2021.

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LES ORAGES PAR SYLVAIN PRUDHOMME & ALBIN DE LA SIMONE

Dans le cadre du festival Paris en toutes lettres

Sylvain Prudhomme et Albin de la Simone s’apprécient, s’écoutent et se lisent. La publication récente des histoires de l’un a permis d’envisager un pont avec les chansons de l’autre. Car, dans les deux cas, en quelques pages ou en quelques minutes, une ambiance et un ton s’installent tout en douceur. C’est fait de simplicité touchante, de tendre délicatesse et de mélancolie fragile. Un peu comme une peinture se dévoilerait touche par touche, ils révèleront, par les sons, les voix et le dessin, leurs belles correspondances.

Lecture musicale créée aux Correspondances de Manosque 2021.

À lire – Sylvain Prudhomme, Les orages, coll. « L’Arbalète », Gallimard, 2021.

À écouter – Albin de la Simone, « Happy end », Tôt ou tard, 2021.

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LA PHYSIQUE QUANTIQUE PAR ÉTIENNE KLEIN & OLIVIER MELLANO

Dans le cadre du festival Paris en toutes lettres

Le scientifique Étienne Klein et le musicien Olivier Mellano proposent une plongée dans les mystères de l’espace-temps et de la physique quantique. Le premier prononce une conférence que le second met en musique, ce qui devrait faire dialoguer l’un avec l’autre les deux hémisphères de nos cerveaux. Il s’agit en somme de penser et de ressentir en un seul et même mouvement, de réfléchir et en même temps d’éprouver. Si tout se passe bien, c’est la poésie qui devrait l’emporter magistralement.

À lire – Étienne Klein avec Gautier Depambour, Idées de génies, 33 textes qui ont bousculé la physique, Champs-Flammarion, 2021.
150 drôles d’expressions pour ramener sa science, Le Robert, 2021.

À écouter – Olivier Mellano, « BAUM – Ici-bas – Les mélodies de Fauré », Sony Classical 2018 ; MellaNoisEscape – « Heartbeat of the Death », Ulysse Maison d’Artistes / Sony Music 2018.