La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Les deux Beune de Pierre Michon

Introduction par Maylis de Kerangal
Lecture par Pierre Baux

« L’accouplement est un cérémonial – s’il ne l’est pas c’est un travail de chien. »
Au début des années soixante, un jeune homme est nommé instituteur dans un village du Périgord, le pays des grottes préhistoriques, entre les eyzies et Montignac. Dense, tendu, plein de fulgurances et d’emportements, le roman fait de cette terre l’espace à vif d’une quête amoureuse. Yvonne, la belle buraliste, porte en elle la brûlure du désir, tout le mystère de la différence des sexes – l’origine du monde.

Ce nouveau texte de Pierre Michon constitue un événement littéraire (il n’avait pas publié depuis 2009) ; la première partie de ce roman a paru sous le titre La Grande beune, en 1996.

À lire – Pierre Michon, Les deux Beune, éd. Verdier, 2023.

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Claire Marin – Les débuts

Rencontre animée par Juliette Cerf

Quels sont les débuts qui rythment notre existence ? Qu’est-ce qu’un beau début dans la vie ? Le commencement se présente à nous de multiples façons : un scintillement (la naissance d’un enfant), une catastrophe (la perte d’un être cher), une découverte, une peur de l’inconnu… Les débuts sont aussi l’excitation de la nouveauté, la crainte de l’incertitude, l’espoir de se découvrir et de se surprendre. Après le succès des brillants Rupture(s) et Être à sa place, Claire Marin interroge nos premières fois et nos recommencements sous le double angle du savoir philosophique et de son expérience personnelle.

À lire – Claire Marin, Les débuts, éd. Autrement, 2023.

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Véronique Ovaldé – Personne n’a peur des gens qui sourient

Invitée : Jeanne Cherhal

Gloria a choisi ce jour de juin pour partir. Elle file récupérer ses filles à l’école et les embarque sans préavis pour un long voyage. Toutes trois quittent les rives de la Méditerranée en direction du Nord, la maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine ? Quelle menace fuit-elle ? Dans ce roman sous haute tension, Véronique Ovaldé met en scène un fascinant personnage de mère dont l’inquiétude face au monde se mue en un implacable sang-froid pour l’affronter.

Ce nouveau livre, l’auteur l’a écrit des chansons plein la tête. Et, notamment, celles du dernier album de Jeanne Cherhal, « Histoire de J. ». Elle nous a donc proposé de venir lire des extraits ce soir et d’inviter la chanteuse à interpréter quelques morceaux de son répertoire qui l’ont inspirée.

À lire – Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, Flammarion, 2019.

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Laura Vazquez – Le livre du large et du long

Une épopée versifiée, imaginée comme une exploration du monde par les actions, les gestes, les aventures. La narratrice vit des scènes et des idées dans son esprit et en dehors, à toute allure. Elle est tour à tour et à la fois : folle, amoureuse, malade, sage, inquiète, calmée. Un livre comme une encyclopédie incarnée, libre et subjective, une lecture et une auscultation du monde, allant des plus petites choses : la peau, les insectes, les atomes ; au plus larges : les populations humaines, la guerre, les ciels. Des choses les plus intérieures : les sensations, les questionnements personnels ; aux choses les plus matérielles : la médecine, l’anatomie, l’architecture. Une foi dans le langage rendu à sa force et à sa netteté, un vif désespoir éclatant, un humour et une vivacité, un livre aussi troublant que réjouissant.

À lire – Laura Vazquez, Le livre du large et du long, éd. du sous-sol, 2023.

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Jean-Michel Maulpoix – Le jardin sous la neige

Rencontre animée par Nicolas Dutent

Après L’hirondelle rouge (2017) et Le jour venu (2020), Le jardin sous la neige est le troisième temps d’un parcours lyrique en prose où se fait pas à pas plus poignante l’angoisse du vieillissement et de la disparition. Les mêmes motifs s’y recreusent et les coups de boutoir du temps contre le désir y sont plus cruels. Une tristesse plus noire y rôde jusqu’aux Enfers. Mais l’écriture ne s’en tient pas à ces chemins désolés : elle ramène de l’espérance et de la lumière en faisant tomber sur le papier une neige apaisante, longtemps espérée, et comme revenue du fond de l’enfance. Cette blancheur couvre la terre noire du jardin où la mort travaille sourdement ; elle épure et éclaire. D’autant qu’elle ne vient pas seule : en même temps que l’enfance, elle apporte avec elle le souvenir de poètes aimés, dont les voix se font écho tout au long de ce livre.

Jean-Michel Maulpoix est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages poétiques. Il a été couronné par le prix Goncourt de la poésie en 2022 pour son recueil Rue des fleurs.

« À la saison froide, on parle à l’abîme, on se tient très près de l’oreille des morts. On les sent qui frissonnent au fond de soi. Ils appellent. Auraient-ils donc peur ? Doit-on aller les rassurer, coller la bouche contre la pierre ? Hochant parfois la tête, on acquiesce à l’inévitable. À la saison froide, après le désarroi, survient l’effroi. »
Le jardin sous la neige, Jean-Michel Maulpoix

À lire – Jean-Michel Maulpoix, Le jardin sous la neige, Mercure de France, 2023.