La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

En cours de lecture

Hélène Frappat & Alice Diop

Rencontre animée par Sylvain Bourmeau

Alice Diop est réalisatrice. En 2022, elle réalise Saint Omer, film qui retrace le procès d’une mère qui en 2013 avait laissé sa fille de 15 mois sur une plage de Berck-sur-Mer. Avant cette première fiction, Alice Diop a réalisé plusieurs documentaires, dont Nous (2021), voyage, en suivant le tracé du RER B, dans ces lieux indistincts qu’on appelle la banlieue. Elle est membre du Collectif 50/50 qui œuvre à la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel.Dans son nouveau roman, Trois femmes disparaissent, Hélène Frappat s’intéresse à une lignée de stars hollywoodiennes, Tippi Hedren la grand-mère, la fille Melanie Griffith, et la petite fille Dakota Johnson. Une enquête sur la place des femmes à Hollywood, qui révèle les défis auxquels elles sont confrontées de génération en génération.

La réalisatrice et l’autrice se connaissent, elles ont travaillé ensemble autour de la sortie de Saint Omer. Cette soirée sera donc l’occasion de mettre à jour les échos et points de rencontres entre leurs thématiques et démarches respectives.

« Les absents sont les personnes ni vivantes, ni mortes, dont un jugement a constaté “la présomption d’absence” depuis dix ans, la personne ayant « cessé de paraître au lieu de son domicile ou de sa résidence, sans que l’on en ait eu de “nouvelles.” »
Trois femmes disparaissent, Hélène Frappat

À lire – Hélène Frappat, Trois femmes disparaissent, Actes Sud, 2023.

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La Cloche de détresse de Sylvia Plath

Lecture par Constance Dollé
Rencontre avec Jakuta Alikavazovic
Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos

Esther Greenwood est folle de joie lorsqu’elle décroche un stage dans un magazine de mode new-yorkais. Mais entre les cocktails et les rédaction d’articles, la vie d’Esther commence à lui échapper, notamment lorsqu’elle apprend que le prestigieux atelier d’écriture auquel elle a postulé l’a refusée. Dans la langueur de l’été 1953, elle sombre dans une brutale dépression et se fait interner.
Ce roman semi-autobiographique de Sylvia Plath offre un regard intime, réaliste et déchirant sur la maladie mentale.
Célébré pour son humour noir et son portrait acéré de la société patriarcale des années 1950, ce roman continue de résonner auprès des lecteurs d’aujourd’hui.

« Le silence me déprimait. Ce n’était pas le silence du silence. C’était mon propre silence. »
La cloche de détresse, Sylvia Plath

À lire
– Sylvia Plath, La Cloche de détresse, préface de Jakuta Alikavazovic, trad. de l’anglais (États-Unis) par Caroline Bouet, éd. Denoël, 2023.
– Janet Malcolm, La Femme silencieuse – Sylvia Plath & Ted Hugues, trad. par J. Alikavazovic, éd. du sous-sol, 2023.

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Maylis de Kerangal – « Rouge »

Lecture par l’autrice

À l’occasion d’un prix littéraire canadien qui lui a été attribué, Maylis de Kerangal a été invitée à composer un recueil de textes : c’est cet Archipel qui paraît aujourd’hui. Y sont rassemblés des fictions, des essais et des récits, des « îles » aux formes et histoires différentes, qui tiennent ensemble par une unité sous-jacente, un « même climat, un même idiome, une même origine géologique. » En ouverture, la novela « Rouge » serait l’île principale où s’ancre la langue, sa possibilité d’exploration et de suspension. La narratrice y déploie un souvenir, une expérience personnelle vécue à la fin des années 1980 d’un dimanche où elle a été embauchée comme hôtesse à l’hippodrome de Longchamp.

Différencier, spécifier, individualiser : il s’agit toujours d’en découdre avec les généralités, de rompre avec les stéréotypes qui débrident la haine, là où singulariser apporte l’affect qui la combat.
“Danseurs, plongeurs, descripteurs” – Un archipel, Maylis de Kerangal

À lire – Maylis de Kerangal, Un archipel. Fiction, récits, essais, Les Presses de l’Université de Montréal, 2023.

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« Dans la splendeur d’une nuit haïtienne » avec Dany Laferrière

« J’ai toujours rêvé d’une biographie qui exclurait les dates et les lieux pour ne tenir compte que des émotions ou des sensations, mêmes fugaces. La première fois que j’ai vu une libellule. La fois que je suis entré dans la mer en ignorant qu’il fallait savoir nager. La fois que j’ai assisté à l’exécution d’un prisonnier politique près du cimetière de Port-au-Prince. Le dernier regard de ma mère me voyant partir en exil. Ma première promenade dans la cour de l’Académie. Et toutes les fois que j’ai regardé dans un ciel étoilé en espérant trouver la Niña Estrellita. »
Dany Laferrière

Dany Laferrière nous entraîne dans une merveilleuse lecture-conférence-projection avec sa poésie et ses poètes préférés. Une façon joyeuse de saluer un parcours exceptionnel d’écrivain (37 livres et de multiples distinctions depuis 1985) et de conjuguer un compagnonnage ainsi que nos anniversaires : il y a dix ans tout juste il ouvrait la programmation de la Maison de la Poésie devenue “scène littéraire”, il y a dix ans également, il entrait à l’Académie Française. Pardon pour les dates, place à l’émotion.

« Je marcherai
s’il le faut
toute la nuit
afin de me
rendre disponible
à l’imprévu. »
Dans la splendeur de la nuit, Dany Laferrière

À lire
– Dany Laferrière, Vers d’autres rives, éd. de l’Aube 2019
– Dans la splendeur de la nuit, Points, 2022
– Petit traité du racisme en Amérique, Grasset, 2023.

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Violette d’Urso – Même le bruit de la nuit a changé

Lecture musicale par l’autrice & Adrian Edeline
Rencontre animée par Camille Thomine

« J’ai passé des années à être déçue par tout le monde parce que tout le monde n’était pas mon père. » Anna, l’héroïne du premier roman de Violette d’Urso, est encore une enfant quand son père meurt brutalement. Elle remplit son absence par quelques objets hétéroclites, par des histoires qu’on lui a racontées et par son puissant imaginaire. Jeune femme, elle comprend qu’elle ne sait pas quoi faire de cette « souffrance de déracinée ». Cette douleur se révèle à elle par le corps : sans le savoir, « j’avais commencé la destruction de ma vitalité à tout juste six ans. » À partir d’un répertoire qui lui a appartenu, elle arpente les villes d’Italie, d’où son père était originaire, et remonte pas à pas l’histoire de sa famille. C’est à la rencontre de cet homme qu’elle doit aller. Et c’est un véritable personnage de roman qui l’attend.

À lire – Violette d’Urso, Même le bruit de la nuit a changé, Flammarion, 2023.