La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Olivier Rolin, La guerre éternelle

Lecture par Denis Podalydès
Entretien mené par Blandine Masson

Il y a quelque trente-trois siècles, des guerriers grecs ravagent une cité d’Asie Mineure qu’ils appellent Troïa ou Ilios. Les hommes sont massacrés, les femmes traînées en esclavage. C’était dans la nuit des temps, mais grâce à l’Iliade cela vit toujours dans notre mémoire.

La tragédie de la destruction d’une ville n’a cessé d’être réécrite en lettres de feu et de sang, depuis Carthage un siècle et demi avant notre ère jusqu’à Dresde et Hiroshima, Marioupol et Gaza de nos jours. La guerre de Troie est éternelle, et Troie est la Mère de toutes les villes martyrisées.

« Pour donner à ma longue rêverie la forme d’un livre, j’avais besoin de voir. De la terre, des pierres, des arbres, un rivage. J’ai toujours besoin de voir. Je suis allé en Troade à la fin d’un mois de juin, alors que les coquelicots jetaient de grandes flaques rouges au milieu des champs de blé et d’oliviers où jadis s’affrontaient les héros. »

À lire – Olivier Rolin, La guerre éternelle, Gallimard, 2026

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Boris Bergmann, Minotaure

Par l’auteur, Hélène Babu & Thibault de Montalembert

« Être l’indésiré, né hors du désir du père, voilà mon acte de naissance.
J’y réponds par un désir extrême, une surenchère d’histoires vécues… ou racontées.
Après tout, le Minotaure est un Forçat du sentiment. Forcé d’aimer tous ceux qu’il rencontre.
Avant de les dévorer. »

À lire – Boris Bergmann, Minotaure, Albin Michel, 2026

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Esther Teillard, Fuck Circus

Lecture par Virginie Ledoyen
Entretien mené par Sylvia Minne

Un soir d’été, une jeune femme est quittée par son amoureux, Gabriel. Sous le choc de la rupture, elle s’enfonce, seule, dans la ville de son enfance. C’est là qu’elle franchit la porte d’un bar aussi folklorique que son nom l’indique : Le Mythe. On y trouve un producteur de cinéma, le descendant direct de Chateaubriand, une star de télé-réalité et un homme politique de gauche, des êtres qui, comme elle, abandonnés, transforment leur blessure en ivresse. Abus, honte de soi, perversion, obsession, confessions des uns, provocations des autres : toutes les passions humaines sont à l’œuvre dans ce cirque nocturne. La nuit glisse vers l’impardonnable quand les festivités tournent à la prise d’otage. Emportée sur ce manège tragi-comique, la narratrice reverra-t-elle le matin ?

Dans Fuck Circus, Esther Teillard sonde notre époque et ses névroses avec une ironie mordante et une tendresse contagieuse : de l’humiliation banale à la torture, nul n’échappe à la violence. Un roman éclatant.

« Le square est vide, nos corps sont rouges, nous nous emboîtons derrière un toboggan orange. Ses baisers tracent des formes, des losanges, des rectangles. Pas de cercles. Comme s’il refusait la rondeur. »

À lire – Esther Teillard, Fuck Circus, Grasset, 2026

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Anne Godard, Nous aussi

Lecture par Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie-Française
Entretien mené par Sylvie Tanette

“On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. On n’a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c’est. On n’en est pas capables. On n’en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s’est fissurée, on n’a pas compris. Ça n’aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n’était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.”

À lire – Anne Godard, Nous aussi, Actes Sud, 2026

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Laure Adler, Presque juive

Entretien mené par Pierre Haski

« Que représente Yad Vashem aujourd’hui ? », s’interroge Laure Adler dans ce récit intime, fruit de la nuit qu’elle a passée seule en 2026 dans l’Institut international pour la mémoire de la Shoah situé à Jérusalem. « Est-ce le récit national d’un pays fragilisé depuis le 7 octobre ? Est-ce un lieu de mémoire qui rend hommage aux six millions de juifs assassinés » pendant la Seconde Guerre mondiale ? Ou encore, un lieu d’études et de recherches où « l’on enseigne comment parler de la Shoah à des générations de jeunes » ? « C’est tout cela à la fois », répond l’essayiste qui sonde également sa propre identité en questionnant son rapport à la judéité qu’on lui a souvent prêtée.

À lire – Laure Adler, Presque juive, éd. Stock, coll. Ma nuit au musée, 2026