La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Philippe Torreton – Veiller

Lecture par Abd al Malik
Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos

« La misère des rues, nous la croisons tous les jours. Nous passons devant. Parfois un tout petit arrêt le temps d’une pièce qui passe d’une poche chaude à une escarcelle froide. On ne s’y arrête pas, on ne peut pas s’y arrêter, on est pressé, je suis pressé, et puis il y en a beaucoup… je passe tu passes nous passons, j’évite, je slalome, je ne regarde pas, parfois je dis “je suis désolé je n’ai rien” et parfois c’est vrai. Ce que j’ai vu fut incompréhensible. Je voulais partager ça avec vous, que le lecteur le temps de ce récit soit, comme moi, chamboulé (…). Vous les entendrez parler, tous, les filles et les garçons du Samu social en vestes bleues, et les filles et les garçons des rues sous leurs couches de vêtements, les échoués sur nos trottoirs que l’on évite, je vous propose de vous y arrêter, de veiller avec moi, d’avoir envie de crier avec moi. »
Philippe Torreton

À lire – Philippe Torreton, Veiller, Calmann-Lévy, 2026

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Un petit roman de Lars Norén

Avec Dominique Blanc, Amélie Wendling & Florence Hennequin (violoncelle)
Arrangements : Yannick Deborne

Un petit roman s’inspire du destin tragique de Lisa Montgomery, exécutée aux États-Unis en 2021. Enfant maltraitée, adulte violentée, souffrant de graves troubles psychiques, elle commet un crime d’une extrême violence : le meurtre d’une femme enceinte dont elle dérobe l’enfant. Elle devient une figure dont Norén explore les ténèbres, non pour juger, mais pour comprendre ce qui, dans l’humain, subsiste lorsque tout vacille. Norén interroge ce que signifie le mal lorsqu’il naît de la souffrance. Il questionne le sens de la peine de mort, les violences faites aux femmes, la reproduction du traumatisme, et cette zone où la victime devient bourreau.

À lire – Lars Norén, Un petit roman, trad. du suédois par Johan Harnsten et Amélie Wendling, éditions La place, 2026

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Mathilde Forget – Certaines fièvres échappent au mercure

Petite, Édith préfère les filles, mais croit que seuls les garçons ont le droit de les aimer. Se fabriquer une barbe en mousse n’y change rien – pire, cela fait naître un obsédant sentiment de honte. À 8 ans, elle a appris qu’on pouvait perdre ce à quoi on tenait plus que tout au monde. Depuis, hantée par l’angoisse de voir disparaître ceux qu’elle aime, elle apprend à garder secrets ses désirs. Édith se cache. Jusqu’au jour où, face à une fille aux cheveux follement bouclés, elle découvre un sentiment amoureux joyeux et sidérant. Mais les fictions que se racontent les amoureuses dialoguent avec celles de l’enfance marquée par le chagrin. Le bonheur est-il possible ?

À lire – Mathilde Forget, Certaines fièvres échappent au mercure, L’Iconoclaste, 2026

Photo © Dorian Prost

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Antonio Moresco & Nicoletta Vallorani – Sombres univers

Entretien mené par Martina Mileto
Dans le cadre du festival Italissimo

Cette fois, le fabuleux fabuliste de La Petite Lumière (Verdier/Poche, 2025) plonge dans les ténèbres. Le premier volet de sa nouvelle trilogie lève le rideau sur D’Arco. Un flic. Mort. Qui entend, la nuit dans la ville des morts, des chants d’enfants et retourne enquêter dans la ville des vivants, tout aussi cauchemardesque. Au fantastique thriller métaphysique répond la dystopie milanaise de Nicoletta Vallorani. Un polar post-apocalyptique que traversent Olivia, au volant de son taxi, et un inspecteur en mission. Leur enquête : des cadavres de femmes abandonnés au bord des friches industrielles. Cobayes, clones ? Ou autre ? Le temps et l’espace changent, la violence reste. La résistance et la résilience aussi.

En collaboration avec l’association Italie Nouvelle

À lire – Nicoletta Vallorani, Tu auras mes yeux, traduit de l’italien par Cristina Vignali, KC éditions, 2026 – Antonio Moresco, Le Mal, chant de D’Arco I, traduit de l’italien par Laurent Lombard, éditions du Chemin de fer, 2025

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Antonio Franchini & Christophe Mileschi – Un auteur & son traducteur

Entretien mené par Francesca Isidori
Dans le cadre du festival Italissimo

C’est un feu qui brûle dans le foyer même de l’auteur. En plongeant dans la vie – et la mort – de sa mère, Antonio Franchini raconte et mesure les éruptions furieuses d’une femme napolitaine marquée par la guerre, qui ne sait s’exprimer qu’avec passion et dans la contradiction. Cette opposition, c’est aussi celle du fils et de la mère qu’il a fuie en même temps que le Sud, et l’impossible dialogue entre deux langues, l’italien et le napolitain. Avec une fluidité impitoyable et réjouissante, ce choc des langages résonne dans toute sa richesse sous la traduction française de Christophe Mileschi, qui évoquera aux côtés de l’auteur les termes de leur collaboration.

À lire – Antonio Franchini, Le feu que tu portes en toi, traduit de l’italien par Christophe Mileschi, Calmann-Lévy, 2025