La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

Scène littéraire

Maison de la Poésie Paris

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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Antonio Moresco & Nicoletta Vallorani – Sombres univers

Entretien mené par Martina Mileto
Dans le cadre du festival Italissimo

Cette fois, le fabuleux fabuliste de La Petite Lumière (Verdier/Poche, 2025) plonge dans les ténèbres. Le premier volet de sa nouvelle trilogie lève le rideau sur D’Arco. Un flic. Mort. Qui entend, la nuit dans la ville des morts, des chants d’enfants et retourne enquêter dans la ville des vivants, tout aussi cauchemardesque. Au fantastique thriller métaphysique répond la dystopie milanaise de Nicoletta Vallorani. Un polar post-apocalyptique que traversent Olivia, au volant de son taxi, et un inspecteur en mission. Leur enquête : des cadavres de femmes abandonnés au bord des friches industrielles. Cobayes, clones ? Ou autre ? Le temps et l’espace changent, la violence reste. La résistance et la résilience aussi.

En collaboration avec l’association Italie Nouvelle

À lire – Nicoletta Vallorani, Tu auras mes yeux, traduit de l’italien par Cristina Vignali, KC éditions, 2026 – Antonio Moresco, Le Mal, chant de D’Arco I, traduit de l’italien par Laurent Lombard, éditions du Chemin de fer, 2025

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Antonio Franchini & Christophe Mileschi – Un auteur & son traducteur

Entretien mené par Francesca Isidori
Dans le cadre du festival Italissimo

C’est un feu qui brûle dans le foyer même de l’auteur. En plongeant dans la vie – et la mort – de sa mère, Antonio Franchini raconte et mesure les éruptions furieuses d’une femme napolitaine marquée par la guerre, qui ne sait s’exprimer qu’avec passion et dans la contradiction. Cette opposition, c’est aussi celle du fils et de la mère qu’il a fuie en même temps que le Sud, et l’impossible dialogue entre deux langues, l’italien et le napolitain. Avec une fluidité impitoyable et réjouissante, ce choc des langages résonne dans toute sa richesse sous la traduction française de Christophe Mileschi, qui évoquera aux côtés de l’auteur les termes de leur collaboration.

À lire – Antonio Franchini, Le feu que tu portes en toi, traduit de l’italien par Christophe Mileschi, Calmann-Lévy, 2025

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Martin Rueff & Christophe Mileschi – Autour de « Works » de Vitaliano Trevisan

Entretien mené par Francesca Isidori
Dans le cadre du festival Italissimo

« L’origine est un habit avec lequel on n’en finit jamais. » La sentence est de Vitaliano Trevisan et s’applique à une véritable religion du Nord-Est italien, celle du travail, voie incontournable – où qu’elle mène – qui modèle la vie, la fait et la défait. Avec Works, le romancier et dramaturge disparu en 2022, marginal autoproclamé, en soulève les contradictions et les absurdités, au fil d’un roman autobiographique qui recense ses nombreuses et diverses activités. Martin Rueff, l’universitaire, et Christophe Mileschi, le poète, les deux traducteurs de cette œuvre monumentale et singulière, évoquent Vitaliano Trevisan et une écriture sciemment placée sous le signe du jazz.

À lire – Vitaliano Trevisan, Works, traduit de l’italien par Christophe Mileschi et Martin Rueff, Verdier, 2026

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« En l’absence d’Umberto Eco », avec Patrick Boucheron

Entretien mené par Fabio Gambaro
Dans le cadre du festival Italissimo

Voilà dix ans que “le maître” est parti. Écrivain passionné, bibliothécaire bibliophile, enseignant, chercheur, Umberto Eco reste une figure ogresque des lettres italiennes. En plus d’un inoubliable best-seller, Le Nom de la rose (Grasset, 2022), il laisse six romans et une pléiade d’essais dédiés à ses nombreuses passions : philosophie, esthétique médiévale, sémiotique… Pour célébrer le savant et faire revivre sa verve, c’est un érudit français qui conduira cet hommage : l’historien Patrick Boucheron. Spécialiste du Moyen Âge – notamment en Italie –, professeur au Collège de France, producteur-passeur pour la radio, il partage avec Umberto Eco nombre de curiosités et de savoirs. Un maître de cérémonie éminemment qualifié, pour aborder un personnage et une œuvre qui ont marqué leur époque.

À lire – Milo Manara d’après Umberto Eco, Le Nom de la rose, Glénat, 2026 – Patrick Boucheron, Peste noire, Seuil, 2026 – Umberto Eco, La Fabrique de l’ennemi, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher, Grasset, 2026

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Boualem Sansal & Roberto Saviano – Écritures en danger ?

Entretien mené par Christophe Ono-Dit-Biot
Dans le cadre du festival Italissimo

Une rencontre sous le signe de la liberté. Avec deux auteurs importants, et une question tristement légitime : les écrivains sont-ils dangereux ? Boualem Sansal a été gracié après un an de prison en Algérie. Son crime : des mots, qui lui ont valu une condamnation pour « atteinte à la sûreté de l’État”. Avec Gomorra (Gallimard, 2007), Roberto Saviano défiait le crime organisé et ses réseaux tentaculaires. Il vit depuis sous protection policière. À partir de quand la pensée devient-elle l’ennemie ? Alors que procès et menaces tentent de faire taire les voix et les plumes, les deux écrivains partagent leur expérience pour définir les moyens de se défendre.

À lire – Boualem Sansal, Vivre, Folio, 2025 – Roberto Saviano, Giovanni Falcone, traduit de l’italien par Laura Brignon, Gallimard, 2025